24 sept. 2006

1er de cordée

Devant l’apathie bloguesque de ces derniers temps troublés, on serait tentés de penser que le Commissariat est sur le point de péricliter, que ces membres gagnés par la sinistrose ambiante ont renoncé à ce désir qui les anime de marquer leur emprunte dans ce monde. Aussi, je vous propose le récit d’une récente épopée commissariale qui montrera aux esprits chagrins que derrière l’emphase sémantique de notre blog, il reste une amitié solide comme un roc, comme le rocher des ses aiguilles de Charnanon que 3 d’entre eux gravirent un certains 11 août 2006.

Chacun d’entre nous connaît l’importance des préliminaires et ceux qui ont marqué notre ascension ne laissait pas présagé une montée orgasmique. En effet, le CBC 22 se plaignait d’une avarie au niveau de son ménisque tandis que l’adjudant se plaignait tout court d’une épreuve qu’il aurait préféré éthylique qu’alpestre… Seul le CBC 49 serein physiquement et mentalement haranguait ses compères sur les bienfaits d’une randonnée, la qualité du site et la possibilité aussi de s’échapper à bon compte de nos 5 marmots pendant quelques heures….

6h00, le réveil retentit sous la mansarde du chalet douillet et l’ABG prend les choses en main : préparation des victuailles, aller-retour à la boulangerie, promenade canine…. Les megéviens une fois prêt, embarque dans un break suédois direction Combloux pour chercher le troisième larron, puis, le cap est mis sur Chamonix au son des  Sinsémilla qui achèvent de réveiller nos champions.

Devant l’entrée du téléphérique, quelques randonneurs encore tout gonflé de la nuit, un épi sur la tête et un reste de dentifrice sur la commissure des lèvres attendent patiemment que la vieille benne se mette en route. Après 30 minutes de ronronnement poussif, d’arrêt et de redémarrage, notre ascenseur pour l’enfer se met en route. Il s’en est fallu de peu que l’AGB nous convainque que devant cette avarie mécanique, nous pourrions transformés notre projet d’ascension en projet de descente ….. de consommation houblonnées ! Le Commissariat a cependant des valeurs, c’est du moins ce que rappelle le CBC 49 au peloton récalcitrant.

Les contraintes techniques passées, la montée vers les aiguilles peuvent commencer. L’ambiance est détendue, le Commissariat apprécie les premiers points de vue et se cale sur un rythme régulier et relativement soutenu

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Rapidement, le sentier se rétrécit et présente quelques difficultés de franchissement. Les obstacles sont relativement mineurs mais nécessite, une certaine décontraction face au vide …. C’est là qu’on va dire qu'il y a eu comme un petit problème, car l'adjudant nous signale son vertige, d’abord posément afin de suggérer quelques conseils, puis chemin faisant de manière plus cru. Ainsi, le CBC 49 initiateur de l’ascension a commencé à se faire copieusement insulté d’irresponsable, de va-t-en-guerre, d’enculé et autres jolis compliments par notre adjudant blanc comme un linge réalisant également que le demi tour était désormais une option a écarter compte tenu de la topographie des lieux. C’est dans cette ambiance pour le moins contrastée que nos 3 membres arrivèrent au bout de leur effort dans un décor époustouflant, découvrant au détour d’une crète une famille de chamois, un lac de montagne, quelques névés… Au sommet, la tension nerveuse a baissé d’un cran, d’une part, nous y étions parvenu et nous avions tous 3 des motifs de grande satisfaction, l’un avait réussi à braver sa peur du vide, l’autre sentait que sa rotule ne l’avait pas laché et le 3ème se disait qu’il n’avait finalement pas eu tort d’insister pour y aller et pour y aller jusqu’au bout. Et puis surtout, une satisfaction commune, presque intangible, celle de se retrouver tous 3 au sommet, 3 amis qui ne se lâchent pas qui ne sont jamais lâchés et qui n’ont rien lâché. Pour ceux qui pensent que l’amitié a un sens, ces moments sont de ceux qui comptent, alors, nous avons pensé à nos 2 membres excusés, le PCTR et l’IDB.IMG_3278_1_

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Je ne m’attarderai pas sur la descente qui fut, pour sa première partie, la continuité du chemin de croix de l’adjudant tant la notion d’équilibre dominait sur celle d’effort physique (car quoiqu'il en dise, l'ABG est en bonne forme). J’ai a ce titre appris deux nouveaux termes « aérien » et « ya du gaz !» (aucun rapport au fait que le CBC 22 avait également de légers problèmes d’air interne ….dû vraisemblablement à une sur-consommation de fondue).

Le dernier tronçon a réconcilié tout le monde du fait de sa facilité, d’un débat animé sur le Liban et du fait aussi qu’il signifiait que nous y étions arrivé. En conclusion, je dirais que cette petite ascension était à l’image du Commissariat : belle, poussive, gueularde, volontariste, soudée et un tantinet physique.

Le CBC, gazeux sans être aérien pour un sous.

Posté par commissairebc à 21:06 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur 1er de cordée

    Ho! Hisse! Encordés!

    Voilà un compte-rendu qui me parait tout à fait honnête. A une exception, le titre. Une cordée, c'est quand les alpinistes sont reliés entre eux par une corde. C'est pour éviter qu'un gonze dévisse trop gravement. Or, on n'en avait pas de corde. C'était d'ailleurs, une grosse connerie. Même le très malhonnète CBC 49 l'a reconnu quand on a dû se suspendre à une paroi par les orteils et les ongles à la descente.
    A sa décharge, je ne savais pas moi même que je souffrais du vertige comme ça. Je l'écris et le clame à la face du monde entier pour m'en souvenir parce que je sais qu'il n'y a que les bons souvenirs qui restent : Plus jamais ça...

    Posté par adjudantbg, 25 sept. 2006 à 21:26 | | Répondre
  • La fin d'un mythe

    L'ABG sujet au vertige.
    On aura tout vu.
    Belle course, bravo au 1er PGHM du Commissariat, de l'émotion, de fortes sensations, du danger, du gaz. Surtout grâce à la contribution personnelle du CBC22.

    Posté par Idb, 27 sept. 2006 à 12:53 | | Répondre
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